vendredi 19 octobre 2012

ET LE GRADO PS 1000...? IL NE FAUT PAS L'OUBLIER !

Les deux meilleurs casques du moment, sont  japonais, c'est vrai, mais il ne faut pas oublier le Grado PS 1000 !
En effet, lorsqu'il est parfaitement mis en œuvre, ce très "grand" Grado se hisse sans nul doute, au niveau des meilleurs.
Il faut dire qu'avec des amplificateurs comme le Trafomatic Audio Experience Head One ou l’Audiovalve RKV MK II,  il me réjouit quotidiennement et sait me faire la démonstration d’un potentiel que je ne soupçonnais même pas, il y a encore quelques semaines…




Je reviens donc vers le PS 1000 et le redécouvre après l'avoir mis quelques temps de côté, tel Ulysse, attiré que j'ai été par le chant d'autres sirènes....
Mais avec un peu de recul, et si je devais aujourd'hui,  réécrire mon article précédent,  j'en formulerai alors le titre de cette manière :

Les trois meilleurs casques du moment sont le Stax SR-009, le Fostex TH-900 et le Grado PS 1000 ...

Cependant, et c'est la raison pour laquelle je me suis momentanément égaré, le PS 1000 qui est une vraie machine de course, demande, pour être vraiment optimisé, beaucoup de considérations et une excellente connaissance de sa signature sonore. Ce casque est extrêmement pointu, mais bien mis en œuvre, il est capable du meilleur, lui aussi.
Je croyais bien le connaitre, et pourtant il m'a fallu un certain temps pour découvrir jusqu'où il peut aller en terme de musicalité.

Le Grado PS 1000 est un casque surprenant :

Sa conception est rudimentaire (un arceau avec système de réglage archaïque), ses haut-parleurs ou drivers, commencent à dater et n'ont rien de bien particulier sur le plan technologique. Il est lourd (500g) et le confort qu'il offre est pour le moins spartiate...
D’un autre côté, il est très solide et extrêmement fiable.

Qu'a-t-il de si particulier alors ?

Pour tenter de répondre à cette question, en étant tout d'abord honnête avec moi même, puis bien entendu avec vous, il me semble utile de revenir à mon tout premier contact avec ce grand Grado.

Je suis passé au cours des deux dernières années, par différentes phases pour ce qui concerne mes rapports avec le PS 1000.
Immédiatement après réception du premier exemplaire que j'ai eu la chance de pouvoir m'offrir, j'ai été littéralement emballé...
Son très haut pouvoir de résolution, sa bande passante incroyablement étendue, sa transparence inouïe, sa précision et la beauté des timbres qu'il propose, ont ce jour là, balayé ma référence du moment qu'était le magnifique Sennheiser HD 800.




Et bien oui, le PS 1000 va plus loin que le Sennheiser et la quasi-totalité de tous les autres  casques dans presque tous les domaines...
Pourtant, à mes oreilles, le HD 800 est quasiment parfait et aujourd'hui encore, j'aime énormément ce casque et je ne trouve rien de particulier à lui reprocher...
D'aucuns diront qu'il est un peu dur parfois dans les aigus, d'autres lui reprocheront un manque d'extension et de tenue de son registre grave, certains le trouveront un peu froid et désincarné sur les voix ou manquant de vie, de rythme, de caractère...
Pour ma part, je ne confirme pas ces quelques réserves et le HD 800 est pour moi un casque très abouti.

Parallèlement, et sur ce point tout le monde se rejoint : Son image est grandiose (un peu trop large par rapport à sa profondeur, mais grandiose) et son port est l'un des plus confortables qui soit, avec celui de l'Ultrasone Edition 10 et du Fostex TH 900.
Mais cela ne veut pas dire qu'il est le casque que j'ai gardé pour mes cessions d'écoutes privées et quotidiennes…

L'arrivée du PS 1000 m'a ouvert les oreilles et a activé mes sens sur un autre style d'écoute, un autre possible, une représentation de mes enregistrements très particulière...Mais infiniment plaisante et réaliste, vivante et "palpable".
Pourtant le PS 1000 n'est pas parfait. Mais autant que je sache, les plus grands violons et violoncelles  (Stradivarius, Guarneri, Amati ) n'étaient ils pas, jadis, fabriqués à la main et réglés à "l'oreille" ?



Un casque presque parfait (là je pense au HD 800) est un objet techniquement remarquable, fruit de nombreuses recherches faites par des ingénieurs experts dans leur domaine, un "instrument" d'écoute en somme.
Mais alors que la technique est une chose que l'on peut mettre en équation, ce n’est pas le cas de la musique...
La musique vit, elle est le reflet de l'état émotionnel de son compositeur au moment de l’écriture, puis lorsqu'elle est interprétée, elle est le fruit du travail des facteurs d'instruments, de la synergie créée entre les musiciens, leur chef d'orchestre quand il y en a, des chanteuses et chanteurs...Et de l’âme que tous lui insufflent….

L’expérience me montre qu'un appareil de reproduction sonore quasi irréprochable, techniquement sur le papier et subjectivement à l’écoute, peut être vecteur de satisfaction, voir de grand plaisir…Et c’est déjà énorme !
Mais je demande plus.
La musique peut offrir  à ceux qui ont les oreilles pour entendre, (je suppose que nous tous, passionnés, en faisons partie) bien plus qu'une simple satisfaction.
Elle possède en son essence quelle chose d’immanent, une énergie qui la porte depuis la partition jusqu'à notre appareil auditif et sensoriel, et qui parfois nous touche profondément.
La musique, ce ne sont pas seulement des notes sur une partition.
La musique est génératrice d’émotions, elle touche à l’affect et non à l’intellect.
Pour ma part, elle me transporte intuitivement, et non par le raisonnement.



Alors bien sûr, à ce stade de l’appréhension d’une œuvre musicale, je ne peux pas me contenter d’une proposition musicale techniquement satisfaisante, rigoureuse et sans reproches.
Il m’est bien égal que la courbe de réponse de ce casque soit la plus linéaire…si tel autre casque à la courbe accidentée me procure de vraies émotions.
J’accepte volontiers les quelques colorations de celui-ci, puisqu'il m’offre contrastes, couleurs, joie et rythme…Alors que cet autre plus neutre, est parfois bien ennuyeux…
Quand à la fameuse neutralité,  j’ai pour ma part terminé de lui courir après.
Il m’a fallu plus de trente ans et environ 25000 heures d’écoute, d’innombrables systèmes enceintes et casques, pour savoir que l’émotion, la chair poule, les larmes de bonheur, cette profonde sensation de complétude,  sont le fruit d’une alchimie aussi exceptionnelle que spontanée.
Celle-ci étant plus étroitement liée à mon état d’esprit du moment et à l’œuvre choisie à ce moment précis, qu'à la neutralité de mon système !

Alors bien sûr, les excès ne sont pas bons, et je ne dis pas qu'un système très approximatif en termes d’associations puisse être plus musical qu'un ensemble parfaitement abouti et réglé…Soyons raisonnables et prudents !

Mais une fois encore, la reproduction de l’essence même de la musique, ne nécessite pas forcément la perfection sur le papier…
Aucun orchestre n'est parfait, aucune salle de concert n'est parfaite acoustiquement, et pourquoi préférons nous cette interprétation plutôt que telle autre ?
Parce qu'elle nous parle, elle active notre subjectivité, elle nous touche.



L'autre moins, ou pas du tout.
Et bien c'est la même chose avec un système de reproduction sonore.

Tout ceci pour dire quoi ?

Et bien tout simplement que j’aime le Grado PS 1000 pour sa capacité à me transporter au cœur de l’œuvre musicale spontanément, naturellement,  sans avoir besoin de tout analyser et d'y passer un moment, pour finalement conclure :
« Ah oui, c’est vraiment bon… »
Il m’évite ainsi une analyse mentale régulière qui me ferait, par la même, perdre une grande partie du contenu émotionnel d’un message, dont j’attends justement quelque chose de bien plus profond…
Le Grado PS 1000 fait de la musique tout simplement. 
C'est de ses quelques imperfections qu'émerge son charme et sa grande personnalité, son immense musicalité.

J’ai écrit dans mon article  précédent que comparé au Stax SR 009 , le PS 1000 peut sembler criard.
Je réécrirais sans doute la même chose, dans des circonstances identiques.


Aujourd’hui, après l'avoir écouté dans des configurations qui lui rendent enfin justice, que je trouve être son parfait complément, je ne pourrais plus.



Le Grado PS 1000 n’est pas totalement neutre.
Une analyse de sa signature sonore permet de mettre en lumière une réponse subjective en ‘léger’ V, une propension à jouer une demi-octave voir une octave trop haut. Une légère bosse dans la zone haut grave / bas médium.

Mais ceci n’est pas grave, puisqu'il donne tellement de musique en échange, puisque finalement, ces quelques colorations font de lui un des trois casques les plus musicaux disponibles actuellement.
Il faut l’écouter jouer.
Mais pas dans n’importe quelles conditions, il pourrait être décevant.
Parfaitement mis en œuvre, avec une source à très haute définition, un excellent Dac et un amplificateur adapté,








le Grado PS 1000 est capable de délivrer un grave impressionnant en niveau et en tension, de proposer une image parfaitement précise et détaillée, de reproduire la voix humaine dans sa grande complexité structurale avec un réalisme bluffant, d’offrir un son plein et charpenté, de distiller des aigus extrêmement raffinés et subtils, tout ceci en étant parfaitement équilibré et totalement juste en timbre.
C’est sur ce dernier point que le Grado PS 1000 m’a le plus surpris après l’avoir essayé avec l’Amplificateur Trafomatic Audio





et surtout les Eartube et RKV MKII d'Audiovalve.








Il ne joue plus alors une demie octave voir une octave trop haut, non, il s’est posé sur le juste timbre, la hauteur parfaite…Enfin parfaite…. Celle que j’entends au concert...

Le PS 1000 n’est pas seulement un outil de reproduction musicale, il peut devenir  instrument de musique. Il en est potentiellement un.
Comme tout instrument dans les mains du meilleur interprète, il sera la passerelle entre la musique et nos sens les plus subtils, nos émotions les plus profondes...

Tout ce qui vient d’être dit, pourrait bien entendu s’appliquer sans réserves, au sublime Stax SR 009 et au merveilleux Fostex TH 900.

En résumé :

Le meilleur casque électrostatique du moment est le Stax SR 009




Le meilleur casque électrodynamique fermé du moment est le Fostex TH 900




Le meilleur casque électrodynamique ouvert du moment est le Grado PS 1000





Je recommande vivement le Stax SR 009, le Fostex TH 900 et Grado PS 1000, à vous, qui aimez la musique plus que le son.

Je ne remercierai jamais assez mon ami Frédéric, qui a été le premier à me faire découvrir le Stax SR009, avant même que je ne distribue la marque Stax, et le Fostex TH 900 sur son fabuleux amplificateur Eddie Current Balancing Act.

Et pour terminer  je dirai, comme le Lama Tibétain le dit à ces disciples, après chacun de ses enseignements :
« De ce que je viens de vous dire, prenez ce qui vous convient, rejetez ce qui ne vous convient pas.
Ne perdez pas de vue, que c'est de votre propre expérience que jaillira la connaissance... »

Pierre








lundi 20 août 2012

LES DEUX MEILLEURS CASQUES DU MOMENT SONT ...JAPONAIS !


Lors de notre dernière réunion organisée à Dijon les 11 et 12 août 2012 par mes amis Frédéric et Sylvain,  nous avons eu l’occasion et le grand bonheur de tester et d’écouter quelques un des meilleurs produits actuellement disponibles.





En voici la liste détaillée :

Pour les casques :

JVC DX 1000, Grado PS 500, Stax SR 307, Stax SR 009, Audeze LCD3, Fostex TH 900, Ultrasone Edition 10.

Pour les amplificateurs :

Decware Taboo, Stax SRM 323s, Stax SRM 007t2 re-câblé et re-tubé, Trafomatic Audio experience head one, Eddie Current Balancing Act re-tubé avec tubes de course,  soudures argent,  potentiomètre Alps RK 50 (600€ à lui seul !), alimentation séparée  cryogénisée …




Pour les DAC :

Total Dac D1, Musical Fidelity M1dac.

Pour les sources :

Transport PS Audio Perfectwav PWT pour la lecture optique et PC configuré avec player JRiver pour la lecture des fichiers wav en studio master…

Les écoutes furent intéressantes, passionnantes, riches en enseignements et souvent émouvantes…

J’ai  ainsi pu redécouvrir la finesse et la délicatesse dont est capable le casque Ultrasone Edition 10 (2000 €). Pour ma part, je le connaissais bien et l’avais toujours trouvé un peu trop brillant.  Je dois bien admettre qu’après l’avoir écouté drivé par le Balancing Act (environ 6000€ pour le modèle présent) j’ai du me résoudre à revoir ma position… L’Edition 10 à su nous montrer combien il pouvait être hyper défini, doux et agréable.

Le casque Audeze LCD 3, (2000 €)  re-câblé avec notre câble en argent pur cryogénisé Synergie C.S ( symétrique, 420 € ) a su parfaitement  nous charmer par ses timbres raffinés et bien charpentés,  sa grande douceur de restitution et un impact dans le grave tout simplement extraordinaire.

L’amplificateur Balancing Act, il faut bien le dire, « verrouille »le grave avec une autorité peu commune et tous les casques testés en sa présence ont été littéralement transcendés dans cette gamme de fréquence…

Le Grado PS 500 ( 785€ ) a, pour ce qui le concerne, été parfaitement mené par les amplificateurs Trafomatic Audio Experience Head One ( 1190€)  et  Decware Taboo ( 1000$ ).
Une écoute neutre, très définie et tendue pour  L’experience Head One,  Un peu plus ronde et  plus   charpentée pour le Taboo…
Selon les goûts l’on préfèrera l’un ou l’autre, mais ce que je retiens, c’est la grande musicalité de ces amplificateurs, leur punch et la grande beauté de leur association avec le Grado PS 500.

Le JVC DX 1000 quand à lui, a tendance à être un peu rond  d’origine, aussi le Balancing Act lui convenait mieux… Mais ceci est-il surprenant ? !!! Un  casque que nous aimons beaucoup, plein de charme et de caractère. Rond et coloré, certes, mais infiniment plaisant à écouter, surtout bien sûr, drivé comme le nôtre l’était !

Le Système Stax 3170 (1595 €) composé de l'amplificateur à transistors SRM 323S et du casque SR 307 nous a régalé par sa justesse de timbre, sa neutralité et son équilibre. Il est vrai qu'a 1595€ l'ensemble, il est vraiment très difficile de faire plus naturel...

Et puis…. Etaient également présents pour notre immense bonheur les  deux « rois » de ces deux journées exceptionnelles.
Le Stax SR009 ( 5000 €) et le Fostex TH 900 (2000 €).
Un électrostatique de haute volée et un casque électrodynamique fermé.
Ils ont été « disséqués » sur les deux systèmes suivants :



Transport Perfectwav PWT Ps Audio + Dac Total Dac D1 + Eddie Current Balancing Act pour le Fostex TH 900



Transport Perfectwav PWT Ps Audio + Dac Total Dac D1 + Stax SRM 007 TII pour le Stax SR009
Nous n’avons pas pu réaliser des écoutes avec le Dac PS audio Perfectwav, car j’avais prêté mon exemplaire à un client…
Le Stax SR009 et le Fostex TH 900 sont tellement différents sur le papier que nous avons été surpris de constater combien ils sont proches à l’écoute. Des différences bien sûr, ont été notées et l’écoute du SR009 sur son ampli Stax SRM007 tII nous a semblé plus neutre, plus naturelle, tandis que le TH 900 alimenté par le Balancing Act nous a paru un peu plus détaillé, plus dynamique avec un extrême grave un peu plus tendu.
Mais globalement, il est vrai que ces deux merveilleux casques se rapprochent d’une perfection certaine  et par conséquent,  offrent une proposition sonore relativement proche.
Nous avons noté l’incroyable aération du Fostex TH 900, qui face au Stax SR009 a réussi à nous faire oublier qu’il est en réalité un casque « fermé » !

Je crois pouvoir affirmer, sans trop me tromper, qu’en termes de précision, de beauté des timbres, d’extension  de la bande audible, de tenue du grave, de richesse harmonique ,  d’aération, de transparence, de dynamique et de neutralité, le Stax SR009 et le Fostex TH 900 sont les deux meilleurs casques aujourd’hui disponibles…

Je remercie sincèrement Frédéric et Sylvain pour ces deux journées inoubliables...

Pierre




lundi 9 juillet 2012

DU CD AU DÉMATÉRIALISÉ....

Contrairement à tout ce que j'ai pu dire ou écrire ces dernières années, j'affirme aujourd'hui qu'une très bonne source dématérialisée arrive au niveau de ce que peuvent proposer les meilleurs lecteurs CD du moment.
Je pense là au transport PWT de PS AUDIO.



Ce lecteur à mémoire, effectue un ripage complet du disque et stock les informations ainsi extraites dans une mémoire tampon. La lecture de ces informations depuis la mémoire tampon se fait donc avec une quinzaine de seconde de décalage par rapport au ripage. Il suffit de retirer le CD en cours de lecture d'une plage, pour s'apercevoir que la musique continue à jouer (les informations stockées dans la mémoire tampon) pendant une quinzaine de secondes, même après extraction du disque !
Les lecteurs de ce type sont rares et coûtent très cher (3500 €) pour le seul PWT. Mais ils surpassent de loin tous les lecteurs conventionnels, car ils ne sont plus sujets aux fatales erreurs de lecture et par conséquent, aux pertes en masse d'informations, comme c'est le cas lors d'une lecture classique des micros cuvettes gravées sur le CD et lues par le laser.
A l'écoute, ce type de lecteur surprend instantanément par la grande douceur et en même temps la quantité d'informations entendues. Nos CD semblent avoir été re-mastérisés, tant la beauté et le naturel de la musique qu'ils contiennent apparaissent spontanément.
Finalement, faire l'expérience de l'écoute d'un lecteur comme le PS AUDIO PWT nous permet de mieux mesurer les limites inhérentes à une lecture traditionnelle de nos disques compacts et de réaliser qu'ils contiennent finalement bien  plus d'informations qu'il n'y paraît.
Mais une fois encore, de telles machines coûtent cher et l'investissement qu'elles demandent ne peut se justifier, à mon sens, que par la possession d'une très grande quantité de disques et un manque de temps ou d'envie (ou les deux) pour effectuer un ripage de ceux-ci.
Maintenant, pour qui dispose d'un peu de temps quotidien, et qui ne souhaite pas faire une extraction systématique de tous ses disques, la solution du passage au tout dématérialisé me semble, à l'heure actuelle, s'imposer.
Il existe des programmes comme EAC (exact audio copy)



 avec lesquels il est désormais possible d'effectuer une extraction "perfect bit" de nos disques préférés, et d'en obtenir ainsi des fichiers numériques "parfaits", sans la moindre perte d'information (un seul bit ne peut être perdu !). L'extraction terminée, un log (certificat) d'exactitude du travail effectué nous est délivré, après comparaison du fichier obtenu avec d'autres fichiers de source identique, stockés  dans une banque de données mondiale à laquelle se réfère EAC.



Ces fichiers wave non compressés seront ensuite lus par un player, ici l'excellent JRiver



que l'on prendra soin de bien configurer afin de bipasser les couches audio de nos PC ou MAC favoris.
Ainsi, il sera possible de faire sortir le flux PCM de notre ordinateur tout en ayant descendu le volume de celui-ci à 0.
Les données numériques non polluées par notre PC ou notre MAC, seront dirigées vers un DAC


(convertisseur digital / analogique) via un cordon USB, RCA coaxial, ou optique, qui les transformera en signal analogique afin d'être amplifiés par notre amplificateur enceintes ou casque.

Tout ceci bien mis en oeuvre, va maintenant nous permettre d'écouter un système dématérialisé et de pouvoir en tirer des conclusions quand aux résultats obtenus en comparaison avec ce que nous avons l'habitude d'écouter de nos CD de référence.
Comme je l'ai précisé en début de cet article, il m'a fallu un certain temps pour admettre qu'un fichier musical pouvais me donner plus de musique d'après mon PC que son support CD lu par n'importe quelle platine conventionnelle.
Un soir, un ami m'a fait parvenir par mail quelques fichiers dont j'avais (il l'ignorait) les CD !
Ce soir là restera gravé et rangé dans ma mémoire de passionné de restitution musicale, auprès d'autres souvenirs que furent  les quelques "révélations", obtenues depuis le jour où ma passion prit naissance en moi. Le premier jour (il y a très longtemps ) où j'ai entendu pour la première fois la différence audible entre deux câbles en fût une autre par exemple....

Mais revenons à nos moutons...

Avez-vous déjà eu l'occasion de comparer un CD lu par votre platine préférée et son fichier numérique par votre ordinateur (bien configuré, ceci est très important) ?

Et bien je peux vous assurer que l'expérience est plus qu’ intéressante !

Pour résumer voici ce que j'ai entendu, pour ce qui me concerne :
Une foule d'informations supplémentaires en faveur de la lecture dématérialisée, que se traduit par une douceur exceptionnelle conjuguée à une précision des contours de notes et une beauté des timbres largement accrues.
En comparaison directe, le CD semble sec, moins articulé, pauvre en timbres et en harmoniques, tout simplement moins naturel.
Le bon qualitatif est réellement important, et à moins de posséder un lecteur dernière génération à mémoire tampon comme le PS AUDIO PWT mentionné plus haut, je ne pense sincèrement pas qu'il soit possible de revenir à l'écoute de disques après avoir goûté à la sonorité veloutée, naturelle, précise, d'un bon fichier numérique.

La simplicité d'utilisation est de plus un avantage énorme ! Je peux à présent stocker sur un disque dur externe ou sur mon NAS muni d'un disque de 2 To de capacité près de 2000 fichiers soit l'équivalent de 2000 CD !
De plus, la facilité et la vitesse d'accès à n'importe quel disque et n'importe quelle plage d'un disque renvoi mes CD au rang d'objets largement dépassés et de nos jours obsolètes.
Je peux acheter maintenant mes fichiers sur Qobuz en qualité "studio master", supérieure à la qualité CD pour moins cher qu'un bon CD acheté à la Fnac ! Pour le coup, et après écoute de ce type de fichiers, il n'est même plus utile d'effectuer une comparaison... Tant le bon qualitatif est évident !

J'ai expliqué tout ceci à un ami bien plus jeune que moi, (il a 20 ans j'en ai 50).
Sa réaction fût aussi rapide que pertinente :

Bienvenue en 2012 ! M'a t'il rétorqué !!!!

Pierre









mercredi 23 mai 2012

STAX SR 009. Mes impressions...





J’ai eu la chance et le grand privilège, de disposer d’un casque STAX SR 009 à mon domicile,  pendant une dizaine de jours. En effet, Superfred 21 a eu la gentillesse de bien vouloir me prêter le sien.
Aussi, j’aimerais vous faire profiter des réflexions que suscite en moi cette expérience, technique et musicale.

Présentation:


J’ai été, en ouvrant la très belle boîte en bois, impressionné par la beauté et la grande classe de ce casque.

Le diamètre des écouteurs est impressionnant, et leur fabrication en alu lui confère une touche de solidité, de pérennité et de luxe que je n’ai encore jamais rencontrés sur aucun casque, toutes gammes et prix confondus. Les pads et le bandeau en cuir sont superbes et très confortables. Le système de réglage de l’arceau tout simplement judicieux et parfait.

                                                                                                            

Prix


Pour ce qui concerne le sacro saint rapport qualité /prix, le SR 009 est un peu atypique.

Comme tous les matériels de prestige, il est une véritable vitrine de l’expérience et du savoir faire de STAX. Cette référence a été conçue dans l’objectif de faire le mieux possible, elle est l’expression de ce que la technologie électrostatique peut nous offrir de mieux sans considération de prix. Par conséquent, il n’est pas facile de trouver le juste ratio entre ses performances, ses qualités, et son prix. 
D’autant plus difficile, que nous pouvons le dire, il n’est pas donné….Puisqu’au niveau tarif, il explose le prix de tous les casques haut de gamme, y compris celui de L’omega 2.
Le prix public imposé par l’importateur Français (Alter Audio) est de 5500 €, mais par ailleurs, il est possible de le trouver sur le net aux environ de 3500€, sans la garantie Française, bien sûr. Voilà un écart de prix abyssal ! 
Pour ma part, je l’ai affiché à 4750€ avec un peu de marge pour ….mais ce n’est pas le lieu ni le moment pour ça.

Le Système d’écoute :





Je me suis servi, pour mes écoutes, de la sortie préampli de mon Audio-Gd Phoenix pour alimenter l’ampli STAX SRM 323, dédié au SR 009.

Deux raisons à cette configuration :
- Le SRM 323 n’est pas l’ampli le mieux adapté au SR 009, et l’étage préampli du Phoenix était le bienvenu pour «adoucir »un peu le haut du spectre et apporter un peu plus de relief à la restitution.
- En commutant le bouton Préampli du Phoenix, et après avoir préalablement préréglé le volume de l’ampli SRM 323, tout d’abord à l’oreille, puis affiné avec mon sonomètre, je pouvais passer du SR 009 à n’importe quel autre casque, avec un niveau sonore identique et sans me soucier des branchements. Les réglages de volume du Phoenix m’ont alors servi à régler le niveau sonore général.
La source était mon lecteur CD intégré Jadis Symphonia Evolution tube, munie d’une sortie à base de 2 tubes 12 AU7 que je viens de changer pour des Mullard. Ces tubes sont plus neutres, et plus précis que ceux montés d’origine, des Electro harmonix d’origine Russe.
Tous les câbles étaient mes références « Symbiose cuivre cryo » pour la modulation et « Power Phase » pour le secteur.

Musicalement parlant:

- Avant le retour de mon HD 800 
Voici maintenant plusieurs semaines que mon HD 800 est parti pour participer à un grand test à venir, chez Superfred 21. 
Aussi, et en attendant son retour imminent, je commencerai mes écoutes comparatives avec trois casques GRADO : Un PS 500, un GS 1000 et un PS 1000.
Je peux d’ores et déjà vous dire que les prestations musicales du SR 009, sont tout bonnement et réellement EXCEPTIONNELLES !
Deux mots suffiraient à le qualifier, et après les avoir cité, il me semble qu’il serait judicieux de ne plus rien dire, de retourner dans le silence de la nuit afin de s’abreuver du nectar musical qu’il sait, à tout instant, distiller !
Ces deux mots sont : Linéarité, Neutralité.
Mais je ne vais quand même pas vous laisser sur votre faim, aussi, je vais tout de même poursuivre, mais avec le SR 009 sur les oreilles !
Par quoi commencer ?
Et bien je vais être honnête : la déception ! 
Oui, je dois bien vous l’avouer, les premiers instants ont été décevants. En fait, écouter ce casque est une véritable cure de désintoxication auditive, et Il m’a fallu du temps pour réaliser ce qui m’arrivait.
Je suis effectivement imprégné depuis plusieurs années, de la sonorité de toutes sortes de casques, y compris des « meilleurs ». Mais le roi STAX est bien différent. Il m’a montré, sans la moindre diplomatie, que ces casques de haut niveau que j’aime et qui me régalent quotidiennement, me trompent quelque peu mis à part, peut-être, ce sacré HD 800 ! Nous verrons ceci plus loin…
Le changement radical d’écoute que propose le SR009 est pour le moins déconcertant.
Imaginez mes premières impressions à l’écoute d’un casque complètement linéaire et neutre ! (en tout cas sur le plan subjectif)



Aucun défaut flagrant, tout semble juste et rien ne semble pouvoir être remis en question…La musique coule, nous ramène à sa source (le compositeur et son inspiration, les interprètes et leur talant, les instruments et leurs couleurs de timbre…) et tout ceci coule de source …
Le grave n’est pas mou, ni flou, il est très sec et précis. Il n’y a plus de bosse dans le haut grave / bas médium, ces plages de fréquences ne se chevauchent pas, comme c’est souvent le cas. Fini le creux dans le médium, les voix retrouvent leur place et proportions au sein de l’orchestre. Pas de bosse non plus, qui dénaturerait leur présence. Adieu les pics mordants dans le haut médium /aigu, et pourtant les violons restent en tous points précis, détaillés riches et doux etc... Cette petite liste n’est bien évidemment pas exhaustive, chaque casque a ses propres qualités et défauts, et certains produits cumulent même l’ensemble de ceux cités plus haut !
L’expérience d’une écoute linéaire absolue, vous le comprendrez à présent, nécessite pour être comprise et acceptée, un moment d’adaptation car contre toute attente, nous n’y sommes vraiment pas habitués (En tout cas, c’est mon cas, et merci monsieur STAX d’avoir mis les notes à leur place)
En comparaison avec ce que j’ai l’habitude d’écouter, ce que j’entends du STAX SR 009 est nettement plus mat, plus sobre, moins chargé de fioritures et couleurs exacerbées, avec une absence totale de grain. Aussi, un peu perplexe par cette nouvelle proposition musicale, et pas très certain de la trouver à mon goût, je me suis empressé de commencer mes écoutes.
J’ai commencé avec mon PS 1000. Branché aux deux XLR symétriques 3 broches de mon Audio-GD Phoenix, je l’ai chargé de la délicate mission de m’émouvoir, à l’écoute du « Thème » de la bande originale du film, la liste de Schindler.
Il faut dire que la beauté du violon et l’intensité dramatique de sa mélodie, transcendés par le jeu du virtuose Itzhak Perlman, sont généralement pour moi une très belle source de plaisir et d’émotions diverses. Comme à l’accoutumée, c’est le cas et chargé de plaisir, d’énergie et de joie, je passe alors sans attente spéciale, à la prestation du SR 009.
Je dois bien vous dire que j’ai été pour le moins surpris…
Mon PS 1000 confronté au champion STAX ? Hé bien ce fût un dur moment de solitude, je vous prie de bien vouloir me croire !!! Mais…. pas pour le SR 009.
Ma référence du moment, mon casque préféré avec le Sennheiser HD 800, le roi PS 1000, relégué au rang des casques criards et inconsistants !
Oh oui, vous avez bien lu et moi j’ai bien réfléchi avant d’écrire ceci. Je pèse mes mots. C’est ce que j’ai entendu et ceci n’engage que moi…Mais je ne suis pas là pour distordre mes impressions. 
(Maintenant, il ne faut pas perdre de vue que ces réflexions sont le résultat d’une comparaison directe, et que le PS 1000 ne m’a jamais semblé ni criard ni inconsistant, avant cette expérience)
Ce qui m’a déstabilisé le plus en fait, c’est la différence d’équilibre, la hauteur des notes toujours trop hautes perchées sur le PS 1000, son aération excessive et l’impression de « creux » sur les timbres. Comme ci ceux-ci étaient vides en leur centre, dénués de matière constitutive, juste une sorte d’enrobage de texture musicale qui ne reposerait sur rien de vraiment tangible.


Le SR 009 lui, en donne plus. Les fondamentales et les harmoniques bien étayées, le « poids » des timbres se perçoit comme étant supérieur, ils semblent plus lourds et tangibles, plus …….facile, plus vrai ! Oui, à l’entendre, tout est si simple que je me suis surpris à me demander d’une part, pourquoi il est si cher pour faire si simple ! Et également pourquoi les autres casques, n’arrivent pas à faire de même.
J’essaie par là de rendre compte de cette impression évidente de neutralité, de beauté juste, (par opposition à la beauté artificielle), de facilité à suivre la diction des interprètes, les plus infimes vibratos. Cette évidente présence des voix, avec leur timbre riche, leur couleur propre et si particulière. Bien posées dans le thorax et non dans le haut de la gorge, elles sortent des écouteurs du SR 009 comme si elles étaient là, juste à côté, si proches...et donc si réelles…
La couleur du bois dont est fabriqué ce hautbois, le timbre chatoyant de ce stradivarius, l’ampleur et l’harmonie de ce piano de concert…Tout ceci est restitué simplement, naturellement, sans le moindre heurt.
Bien. Je ne souhaitais pas en rester là. Aussi j’ai poursuivi mes écoutes avec un PS 500 tout juste rôdé.
Là, j’ai pu constater en comparaison directe avec le SR 009, que le PS 500 moins brillant et clair, moins aéré que le PS 1000, se défendait finalement mieux que ce dernier, et qu’à mes oreilles, il proposait plus de corps, de matière, et de douceur aussi. En fait : plus naturel, bien que moins précis et spectaculaire que le PS 1000.
Mais encore bien loin de la signature sonore droite, reposante, juste parfaite du SR 009, je suis allé chercher un GS 1000 i, histoire de refaire une classification de mes références et de les situer par rapport à un véritable étalon.
Le GS 1000 s’en sort mieux, à mes oreilles. Bien sûr, il est coloré de toutes parts, bien sûr les voix sont en retrait par rapport aux instruments, sa signature en V devient évidente face à un casque linéaire comme le Stax, mais je dirais que globalement, il propose une restitution plus charnelle, plus « moelleuse », plus douce que le PS 500 et le PS1000 (ceci s’explique en partie par la conception de ses écouteurs en acajou contre le métal /acajou pour les PS 500 et PS 1000). Les timbres du GS 1000, sont plus pleins, mieux charpentés, plus sobres et moins éthérés que ceux proposés par les deux PS. Le GS 1000 est également moins criard, moins timbré vers le haut. Plus rond, moins précis sur les contours, mais il se dirige finalement vers plus de justesse.
Car enfin, mon PS 1000 me donne très généreusement plus de détails que je n’en entendrai jamais même à quelques mètres de l’orchestre ! La précision des contours et la clarté générale, se situent à un niveau inconnu en live ! C’est fort agréable tout ça, l’illusion fonctionne à merveille. Mais il m’a fallu cette « cure de désintoxication auditive » pour réaliser que ces artifices génèrent un déséquilibre vers le haut, au détriment de la consistance, de la linéarité, de la douceur, tout simplement, du naturel.
Au concert, (de musique acoustique) je n’ai jamais trouvé que le son est trop mat ou trop brillant ! Il est comme il est, et c’est parfait. Je ne retrouve cette perfection sur aucun casque, aucun sauf sur les casques Stax, et en particulier, le SR 009.
Avec ce casque, l’énergie est époustouflante dans le haut médium aigu, le grave d’une propreté encore jamais entendue par mes oreilles. L’aigu est cristallin, pur comme un diamant. Il faut entendre le timbre suave, moelleux, onctueux, plein et riche d’un violoncelle, pour ne plus jamais avoir envie écouter un autre casque….Ah, si seulement c’était possible !
Ici, la musique est sublimée, car à sa beauté propre, vient se superposer la magnificence, la somptuosité et la splendeur des timbres, le contenu émotionnel et affectif des voix.
On dit parfois qu’une musique est le reflet de l’état émotionnel de son compositeur, au moment où il l’a écrite. Je veux bien croire ceci, aussi je remercie le Stax 009 de me permettre de mieux comprendre le ressenti de Georg Friedrich Haendel, lorsqu’il a écrit cet air sublime s’il en est : Piangero la sorte mia. Air de Cléopatra, issu de son opéra Giulio Césare in Egitto.
Jamais en effet, je ne me suis senti aussi proche de Haendel, autant en phase avec ses états émotionnels les plus profonds. Cette musique, aussi puissante soit elle, n’est encore jamais arrivée à m’émouvoir comme elle a pu le faire à travers le Stax SR 009.
Cependant, il n’est pas dans mon intention de dénigrer les casques que j’ai comparés au SR 009, et de monter celui-ci au pinacle, d’une façon inconsidérée.
Nous devons bien garder ce qui suit à l’esprit, au sujet de mes commentaires et réflexions :
- Ils sont la synthèse de mes impressions et sentis personnels. Ils ne peuvent en aucun cas être considérés comme un avis tranché et définitif, juste et objectif sur les qualités propres à chacun des casques mentionnés. Mes impressions sont le reflet de ce que mes appareils sensoriels et auditifs m’on permit de conclure, en présence de ce casque magistral.
-La comparaison directe est le moyen sans lequel je n’aurais pu mettre en évidence, pour chaque casque, tel défaut, qualité ou caractéristique. Mais la comparaison directe présente aussi un inconvénient majeur, qui est l’effet de compensation. Un casque neutre paraîtra brillant face à un casque mat. Comme une photo à la balance couleur neutre paraîtra bleue à côté du même exemplaire tiré avec une dominante jaune. Un casque au grave équilibré, semblera anémique sur ce point, confronté à un casque au grave opulent…etc…Je laisse donc à chacun le soin de faire la part des choses…

Lundi 14 mai 2012
Je reçois ce jour mon HD 800 prêté à Frédéric.




C’est avec beaucoup de plaisir que je retrouve ce casque que j’apprécie beaucoup, et je suis content de pouvoir aussi le comparer au SR 009. Assez rapidement, j’ai la confirmation de ce que je pouvais imaginer. Le HD 800 marche vraiment très bien ! Il se défend très bien, et sans comparaison directe, sa prestation ne génère aucune critique, mais écouté directement avant ou après le SR 009, contraint d’afficher ces limites, il apparaît partout un peu plus léger, moins dynamique, moins raffiné dans les hauts, plus brillant.
A travers le Stax SR 009, les voix, que ce soit celle de Barbara lorsqu’elle chante « Nantes », que se soit le chanteur Sénégalais Ismaël Lo dans « Yaye boye » de son album « Sénégal » ou bien celle de Philippe Jaroussky dans l’air « Sovente il sole » d’Antonio Vivaldi, sont reproduites avec plus de matière, de présence, et curieusement, moins de grains parasites. Elles sont mieux posées, la texture même des timbres semble plus juste. 
L’aération, et la clarté, toutefois, sont supérieures sur le HD 800 et ceci se traduit par une meilleure lisibilité sur les grandes masses orchestrales. Mais ma platine Jadis un peu « ronde », ne joue pas, en effet, en faveur du Stax . D’un autre côté, ceci se traduit par de légères brillances et une sensation de restitution plus artificielle. Toujours le même problème … Ceci étant posé, le HD 800, neutre sans atteindre le niveau du SR009, délicat sans pourtant rivaliser avec l’extrême raffinement du Stax, a tout de même réussi à me faire une fois de plus, une belle démonstration de ses belles capacités musicales. 
Le Stax SR009, rentre dans la catégorie des objets que l’on appelle « casque », il faut bien le nommer. Mais sur un plan purement subjectif et à mon sens, lorsqu’il est branché sur un très bon système, il n’est plus que musique. 



A présent, le Stax SR 009 est reparti.
J’aimerais remercier ceux d’entre vous qui ont tenu bon, et sont arrivés au bout de ce très (trop) long compte rendu ! J’avais vraiment beaucoup de choses à dire.
Aux lecteurs qui ont quitté avant la fin, je dirais simplement : pas de problème, je vous comprends !
Je remercie également et infiniment, le propriétaire de ce casque hors norme, Frédéric. D’une part pour son témoignage de confiance, et d’autre part pour avoir participé à mon éducation et à ma culture auditive. Je le remercie comme je remercierais le bienfaiteur qui m’aurait permis, juste pour me faire plaisir et sans attente, de réaliser un rêve pour le moment inaccessible.

Pierre.

samedi 28 avril 2012

CASQUE GRADO PS 500 AVEC PADS G CUSHION 


J'ai reçu, il y a quelques jours, le PS 500 que j' avais commandé à l'importateur et qui manquait à ma dernière commande.
Je l'ai tout de suite écouté, bien sûr !
Alors mes premières impressions n'ont pas été géniales, parce que je trouve que le PS 500 manque un peu de richesse harmonique, que l'image manque d'aération et d'ampleur, et surtout, que le haut médium / aigu est vraiment trop en avant.
Mais j'ai vite changé les pads, et j'ai remplacé les L cush d'origine, pour des G cush ( ceux des GS 1000 et PS 1000 )!
Et là, vraiment, ça change beaucoup...en mieux.
J'ai comparé le PS 500 ainsi modifié avec un GS 1000 et un PS 1000.
Brièvement, je dirai que le changement de pads apporte au PS 500 un bien meilleur équilibre général, une aération accrue, plus de profondeur et de largeur,plus de précision et de cohérence sur le positionnement des instruments et artistes.
Par rapport au GS 1000 :
Pas plus transparent mais plus clair, meilleure tension du grave, plus de richesse dans les harmoniques supérieures. Voix plus naturelles. Image identique. Les timbres des deux casques sont cependant splendides.
Par rapport au PS 1000:
Un peu moins clair et transparent, tension du grave un peu en retrait, la lisibilité du grave est un peu moins précise , et, de part le fait que le PS 500 est moins clair et transparent, il délivre également un peu moins de richesse harmonique.  
L'image est légèrement moins spacieuse et aérée.




Tout ceci dans de faibles proportions, ce qui fait, du PS 500 monté avec des G cush, à mon sens, une très belle proposition pour se rapprocher du PS 1000 pour 785 € !
Un grand Grado.
Pierre

mardi 13 mars 2012

SENNHEISER HD 800 EN CABLAGE DIRECT ou HARD WIRE


Le Sennheiser HD 800 est un casque exceptionnel !
Les ingénieurs Sennheiser ont conçu le HD 800 avec des connecteurs pour câble amovible.


                                               



Il est ainsi possible, de déconnecter aisément le câble d'origine, et de brancher rapidement tout autre câble de meilleure qualité, pour peu que celui-ci soit pourvu des connecteurs mâles, compatibles avec les prises femelles du châssis HD 800.

                                 


Ceci semble très pratique, confortable et utile. C'est le cas. Cependant, je m'aperçois, en échangeant avec de nombreux possesseurs de Sennheiser  HD 800, que dans la pratique quotidienne, cette solution est finalement très peu utilisée.
En effet, lors du choix d'un câble de remplacement, il est fort agréable de pouvoir comparer les bienfaits de sa nouvelle acquisition avec le câble d'origine. Mais après quelques écoutes, le câble préféré reste branché, l'autre bien rangé dans la boîte, et ceci, le plus souvent, jusqu’à la vente du casque.
Maintenant, si nous regardons de plus près le système de branchement par connecteurs, nous pouvons observer :
- Un connecteur mâle par canal pour le câble (soit deux connecteurs mâles)
-Une prise femelle par canal pour le casque ( soit deux prises femelles)
Ceci implique :
- 2 soudures  ( signal et masse ) pour chaque connecteur mâles, soit 4 soudures au total pour le câble.
- 2 soudures  ( signal et masse ) pour chaque prise femelle, soit 4 soudures au total pour le casque.
- 2 contacts par connection ( pin signal câble et pin signal casque plus pin masse câble et pin masse casque ) et par canal.
Soit 4 contacts par connection au total.
Ce mode de connections très pratique, est un fait, d'un point de vue purement audiophile,  un véritable goulot d'étranglement du signal et de toutes ses subtilités.
Celui-ci passe en effet par 8 soudures et 4 points de contact, avant d'arriver aux deux dernières soudures, sur les borniers de chaque driver.

 

Pour cette raison, et après avoir choisi le câble qui convient, je propose à mes amis et clients, le câblage direct ou "hard wire" de leur Sennheiser HD 800;
En quoi cela consiste t'il ?

Tout simplement, la suppression des connecteurs !

Le câble choisi va de la sorte entrer directement par l'orifice laissé par les prises déposées, et sera soudé directement sur les borniers de chaque driver.




Par ce procédé, le câble devient "fixe", et le signal passe directement du Jack ou des XLR aux drivers, sans la moindre rupture de contact, aussi subtile soit elle.
En effet, 8 points de soudure et 4 contacts ont ainsi été supprimés !



Bien sûr, cette démarche n'a de sens que dans l'objectif d'un gain qualitatif, dans une optique purement audiophile, où chaque détail à son importance, et aucun compromis n'a sa place.

Les résultats d' écoute :

La première impression qui instantanément c'est imposée à moi, a été la douceur. 
Mon HD 800 câblé en direct avec l'excellent câble Symbiose cuivre cryo avait perdu ce petit côté désincarné et légèrement éthéré qui me déplaisait tant.
Les hauts médiums aigus se sont enrichis, ont gagné sensiblement en matière, en corps, et en douceur.
Ceci a été vraiment flagrant sur les voix ! A tel point, que je me suis mis à écouter tous mes disques de référence pour juger à chaque nouveau morceau, si ma mémoire me jouait des tours.
Non ! à chaque fois, la voix, sa texture, sa place bien assise dans la gorge, le son venant de l' abdomen, étaient reproduits avec un naturel bien supérieur qu'auparavant.
Le grave a également gagné en tension, et la résolution globale des micros détails s'est accrue sensiblement.
Le gain est ainsi notoire, et, pour ma part, j'avais réalisé le potentiel peu exploité de ce casque magnifique !

Pour terminer, je précise que la modification n'est pas irréversible, et qu'il suffit de 30 mm pour réinstaller, comme à l'origine, les connecteurs de série !

Pierre

jeudi 5 janvier 2012

AMPLI CASQUE / PREAMPLI AUDIO-GD PHOENIX



Bonjour à tous !
J’ai  fait l’acquisition, il y a maintenant presque un mois, et avec les conseils de Super Fred 21, de l’ampli casque /préampli  Audio GD  Phoenix.
Pour ma part, je  n’utilise que sa fonction ampli casque, car je me suis séparé de mes amplis et enceintes il y a quelques années, pour ne plus écouter que au casque.



J’ai conservé, par contre, mon lecteur CD Jadis, car je le trouve absolument exquis sur les timbres.
Le choix du Phoenix a été motivé par trois critères importants pour moi :
La neutralité, la transparence, et les possibilités de connections.
1) La neutralité parce que j’en ai besoin pour travailler, tester les casques, mes câbles, et les casques  que je  re-câble ou que je modifie.
Il est bien plus facile d’identifier pour tel ou tel casque, un caractère particulier, lorsque l’ampli qui l’alimente n’ajoute pas à la restitution sa propre coloration.
2 ) La transparence, parce que j’ai besoin de tout entendre.
Lorsque, par exemple, je fais des écoutes comparatives de câbles  sur mon HD 800, il est important pour moi de pouvoir entendre les micro-informations que tel câble atténue, ou que tel autre met en exergue, les différences subtiles de timbres, d’ambiance...
3) Les possibilités de connections pour pouvoir brancher un casque avec câble asymétrique et  Jack 6.35, ou bien un autre monté symétrique avec un connecteur XLR 4 broches, ou enfin, un troisième symétrique au standard 2 connecteurs XLR 3 broches.
Pouvoir également  écouter une source asymétrique, ainsi qu’une source symétrique.
Le Phoenix est donc un outil pour moi et je pense ne pas trop me tromper, en pensant  que dans sa gamme de prix il n’y a pas beaucoup d’appareils offrant toutes ces possibilités.

ECOUTE

Le système d’écoute est mon système personnel.




Il est composé à la lecture, d’une platine JADIS Evolution tube dont j’ai changé les tubes de sortie d’origine, pour des 12AU7 Mullard white label.
Et les casques ont été les suivants :
Sennheiser  HD 800, JVC HA DX 1000, Ultrasone Edition 10, Grado  PS 1000.
Les câbles sont de ma fabrication :
Synergie modulation asymétrique et modulation symétrique, Synergie casque symétrique monté HD 800 pour l’ HD 800 et l’ ED 10. (L’ ultrasone ED 10, était monté avec connecteurs HD 800,  vous pouvez, si ce n’est pas déjà fait, découvrir ce que j’ai posté à ce sujet ici :
http://forum.tellementnomade.com/viewtopic.php?f=44&t=2332

Je peux donc écouter l’ED 10 et L’HD 800 avec exactement le même câble, en symétrique au standard 2 x XLR 3 broches.
Petite précision au sujet du Phoenix et de ses possibilités de connections :
Ma source étant asymétrique, je suis théoriquement « limité » pour accéder aux bienfaits de l’utilisation de cet ampli dans le mode symétrique.
J’ ai donc contacté Kingwa, le concepteur des produits Audio-GD, et voici sa réponse à ma question concernant l’utilisation d’ éventuels  adaptateurs XLR / RCA :

Dear Pierre,
Don't need the RCA to XLR adapter.
The RCA will convert to XLR in the Phoenix.
If you want better sound you need a real XLR output source.
But this not XLR better than RCA, it just the XLR source usually had better sound than the RCA source.
Kingwa

Bien, j’ai donc utilisé mon cordon RCA, et après  quelques jours, j’ai tout de même eu envie d’essayer avec un adaptateur et un câble symétrique !!!! Hé oui, ça me titillait trop fort !!!!
J’ai alors attaqué le Phoenix par une de ses entrées XLR .




Bien sûr, je sais bien que je ne suis pas pour autant en symétrique au départ de la source, mais puisque Kingwa dit que le Phoenix transforme le signal asymétrique en symétrique parfait (voir également sur le site Audio-GD :
http://www.audio-gd.com/Pro/Headphoneamp/Phoenix/PhoenixEN.htm
quelque soit l’ entrée, il n’est pas question de douter de ceci.
J’ai pu faire une constatation très intéressante , donc, en branchant ma source asymétrque sur les entrées XLR du Phoenix via deux adaptateurs :
J’ai gagné considérablement en séparation droite-gauche, en aération et restitution des micros détails. Mes adaptateurs ne sont pas munis de transformateurs  symétriseurs, mais ils permettent le branchement avec un câbles symétrique, et finalement, le gain est nettement audible.
J’ai, lors de mes écoutes, pris soin d’attendre 2 heures pour  bien laisser chauffer le Phoenix. Contre toute attente la première réflexion qui soudainement s’est présentée à mon esprit a été :
Mais c’est du transistor ?
Il a fallut quelques secondes pour que je me reconnecte avec un fait bien établi : oui bien sûr, c’est du transistor !!!
En fait, il faut préciser que je suis depuis très longtemps, un grand fan de tube et là, le plus surprenant, c’est la richesse Harmonique, le piqué et l’ouverture du haut médium  jusqu’à l’ extrême  l’aigu avec, en prime, une très grande douceur.
Je ne me souviens pas avoir écouté un ampli à transistor qui sonne si bien à mes oreilles. ( ou peut-être, il y a très longtemps, un Jeff Rowland Model 5 que j’ai gardé quelques temps, et que je regrette toujours d’avoir vendu ! )
C’est fou comme le Phoenix est agréable à écouter !
J’avais écouté auparavant le HD 800 associé à plusieurs amplis dont, entre autre ;
Little Dot MK VIII, SPL Phonitor, DV 337, DV 336 que j’avais modifié (et qui marchait à merveille avec les casques JVC DX 1000 et DX 700 ), Woo Audio 6 SE …
Et aucune des écoutes ne m’a jamais vraiment convaincu. Je restais toujours plus ou moins sur l’impression d’un casque un peu froid, éthéré, manquant de matière, de corps, de présence, de couleur. Attention ! Tout est relatif tout de même,  nous sommes en présence d’une référence mondiale, et mes impressions restent dans le subtil, et surtout, le subjectif. J’aime les sons chauds, un peu ronds, et je préfère un peu de coloration à trop de rigueur. Le PS 1000, je crois, me plaît beaucoup et je le préfère, justement parce qu’il semble un peu plus rond et généreux.
J’ai commencé à aimer mon HD 800 à partir du moment où je l’ai branché sur le Phoenix. Il  m’offre à présent  naturel et chaleur , une finesse de restitution qu’il est à mon sens le seul capable de reproduire, avec , ce que je lui reprochais auparavant de ne pas avoir : de la consistance, du corps, de la  présence. L’aération sur un grand orchestre classique est magique.  Les différents pupitres sont disposés dans l’espace avec tellement de naturel, d’espace entre chacun d’entre eux, de richesse harmonique, que je n’ai vraiment aucune difficulté à croire à ce que j’écoute. Pour être vraiment parfait, j’aimerais juste un peu plus de niveau dans les fréquences en deçà d’environ 80 HZ.

Mon Ultrasone ED 10, reste toujours parfaitement doux sans rien perdre de sa transparence, de sa luminosité, et de son rendu exceptionnel des micro- détails. Le grave est parfaitement charpenté, il se présente avec un niveau supérieur à celui proposé par le HD 800, avec des qualités de richesse et de transparence qui me semble sensiblement identiques. L ‘ED 10 n’est plus abrupt sur les pics de voix comme ce peut être le cas, par exemple, lorsqu’une soprano pousse très fort sur un air d’opéra. Les voix, avec le Phoenix,  sont réellement magnifiques , le haut médium ne me paraît pas aussi charnu qu’ avec le Sennheiser, mais sans comparaison directe, son rendu est plus que satisfaisant. L’aigu et l’extrême aigu montent sans limite, très très haut, avec une énergie et une transparence supérieure à ce que propose l’ HD 800, mais cependant avec moins d’ouverture.


Mon DX 1000, que j’ai modifié en lui changeant les écouteurs par des pièces en érable, et re-câblé avec de l’argent cryogénisé s’illumine alimenté par le Phoenix. Ce casque que beaucoup trouvent à juste titre un peu sombre et coloré dans les fréquences de 200 à 500 HZ, retrouve ici toute la lumière et la clarté immanentes en lui, mais révélées avec de bons amplis comme le Phoenix. Sa petite coloration sur les voix n’a pas complètement  disparue, mais la transparence du Phoenix et sa neutralité aident à l’atténuer.  Le grave opulent de ce casque trouve ici une tenue exemplaire, et son niveau, toujours impressionnant, ne vient pas pour autant masquer les fréquences voisines. La grande richesse harmonique dont le DX 1000 est capable est exploitée et nourrie abondamment par l’ Audio-GD  de l’extrême grave à l’ extrême aigu. L’ aigu et l’ extrême aigu, justement, un peu colorés il faut bien le dire, sont d’une beauté renversante, toujours très riches, ouverts, soyeux …


Le PS 1000 ( celui parmi les trois casques précédents que je connais le moins bien parce que arrivé depuis peu ) est un régal de chaque instant. C’est celui qui offre (à mon sens)le plus d’émotions. Je ne souhaite pas entrer ici dans l’ analyse neutralité/ coloration, car plus j’écoute et  je réfléchis à ce sujet, moins je sais ce qu’est un élément HI-FI neutre.
Bien sûr, il y a toujours les concerts live pour se faire de solides références. Mais entre les instruments amplifiés, ou les instruments acoustiques dont les timbres changent  à chaque changement de salle, voir de prestation en extérieur, comment pourrai-je connaître le timbre exacte de tel piano, telle contrebasse ou saxo ?
Curieusement, le PS 1000 ne me donne pas envie de résonner, d’ analyser. Dans ces lignes consacrées à l’ Audio-GD Phoenix, j’ai envie de dire que l’ association des deux me ravi tout simplement. La générosité naturelle du PS 1000 boostée par celle du Phoenix font tout simplement de la musique ! Le grave est magnifique de niveau et de tension, les fréquences médium sont ornées d’un grain, d’une consistance et d’un naturel magique, les fréquences aigues et extrême aigu sont riches, ouvertes, généreuses, douces et soyeuses. Je ne pense pas qu’aux mesures ce casque soit le plus linéaire, et je crois que la courbe de réponse amplitude / fréquence d’un piano , par exemple, enregistrée lors d’un concert dans une salle bondée de monde et au traitement acoustique incertain, ne le serait pas non plus !


Plus généralement, avec le Phoenix  les contours sont très précis, les timbres riches, mais totalement «  lavés » de toute  ( impression de ) coloration parasite, ( fusse t’elle  plaisante ou non )le grave est complètement dégraissé et extrêmement transparent ,  le bas médium vivant et réellement naturel, les voix sont ni chaudes, ni froides, ni éthérées ni trop lourdes de corps ou de matière, elles sont tout simplement le reflet exacte (en tout cas, c’est mon impression, mais là encore …) de ce que le micro a permis d’enregistrer. De ce fait, la présence des artistes ne demande aucun effort intellectuel pour être acceptée par le cerveau, et l’écoute se fait sans « rattrapage » mental . Je crois à ce que j’écoute  naturellement, et suis sur le lieu de l’enregistrement. Ceci me permet de me concentrer sur la musique, les textes, l’ambiance, les timbres etc… sans me poser de question parce que la présence de l’artiste, du groupe, de l’orchestre, est tellement réelle, qu’elle n’en suscite pas.
Le haut médium est d’une richesse incroyable,  avec les mêmes  qualités de présence et de naturel que le bas médium. Le son d’un alto est réellement un enchantement, les voix féminines splendides de douceur et de présence. Je n’entends plus les duretés présentes dans ce registre sur quelques uns de mes enregistrements. Le Phoenix les  aplati, mais je n’ai pas l’impression, cependant,  que sa courbe subjective propose un creux dans cette gamme de fréquence. Tout simplement et  comme en live, les duretés et ‘pics auditifs ‘ sont extrêmement rares. Il semble finalement que les inconforts ressentis à l’écoute d’enregistrement un peu durs, trouvent en partie leur source dans le système de reproduction, l’enregistrement y étant bien sûr pour quelque chose, mais pas l’unique responsable. L’aigu quant à lui, est à pleurer de beauté, un réel bonheur ! Il est plus difficile, pour  un ampli, de restituer les fréquences élevées, sans dureté, sans distorsion,  que les fréquences grave.
Le Phoenix est tellement doux à l’écoute, que à priori, j’ai été tenté de dire qu’il coupe un peu tôt  les fréquences élevées. Il m’a suffit d’écouter l’ Avé Maria de Charles GOUNOD, par Barbara HENDRICKS par exemple, pour m’apercevoir à quel point cet ampli sait grimper très haut et avec une  énergie… Cette première impression erronée, je l’explique par le fait qu’il  le fait avec une telle maîtrise, une telle douceur sans la moindre distorsion audible. Mes repères ont alors été bousculés, et il m’a fallu un peu de temps pour réaliser qu’en concert, un violon reste toujours extrêmement doux même lorsqu’il pousse très haut!
Une qualité également exceptionnelle que je trouve à cet ampli, c’est l’ouverture. Chaque gamme de fréquence est reproduite avec cette ouverture qui me surprend chaque fois. Les sons ne sont pas pincés, étriqués, mais amples, ouverts, généreux, oui, c’est ça, généreux ! Chaque note se donne à l’auditeur, se livre sans réserve pour offrir toute sa richesse, son contenu émotionnel. Les sons, sans tenir compte des goûts, des mélodies, des rythmes, des accords, des harmonies etc… les sons sont beaux.


Le tour de force que  Mingwa  a réalisé sur cet amplificateur, c’est  je crois, d’avoir créé un appareil neutre ???? précis, un véritable outil (et d’ailleurs, c’en  est un pour moi) Parallèlement, c’ est un véritable vecteur de plaisir, de l’esprit et des sens, une source d’où émerge l’émotion.


Pierre